Nous sommes
arrivés en vue de Port-Saïd vendredi soir, vers 23 heures, et nous sommes en
stationnement au large, dans la zone prévue à cet effet. Le journal de bord
nous annonce que nous entrerons dans le canal cette nuit.
Je ne
voudrais pas manquer ce moment. Martine, qui a habité l’Égypte plusieurs
années, a franchi plusieurs fois ce canal, mais dans l’autre sens, en travers,
sur un bac. Elle aimerait bien revoir cet endroit. On sait qu’un pont s’est
construit juste à côté de ce bac, depuis. Michel M. avait d’ailleurs eu l’occasion de
l’emprunter peu après son inauguration.
Je ne dors
que d’un œil, guettant le bruit du bateau du pilote qui montera à bord peu
avant le départ. A 3 h 52, un bruit me réveille, je vois sur mon GPS que nous
avons pris position dans l’alignement du canal et que nous avançons lentement.
Le pilote vient de monter à bord. Le convoi Nord-Sud vient de se former et est
en route (plusieurs navires espacés d’un mille marin – 1852 m). À 4 h 20, il ne reste plus que 2 km avant
l’entrée du canal. Je frappe à la cloison qui nous sépare de la cabine de
Michel et Martine. Nous nous retrouvons accoudés au balcon, face aux
installations de Port-Saïd.
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| Installations de Port-Saïd |
Martine et Michel sont ravis de cette surprise. Un
rapide calcul montre que le soleil sera levé quand nous atteindrons le fameux pont.
Rendez-vous au petit matin.
J’ouvre un
œil, il fait jour, je tire le rideau, nous sommes juste sous un pont. Le temps de prendre une photo à la volée.
J'aime cette photo non préparée. Ce ne peut être que
LE pont, il n’y en a qu’un. Martine et Michel ont pu revoir le bac et le pont, et savourent le fait de croiser une route connue et de reconnaître certains détails.
La matinée se
passe à regarder les pêcheurs,
les bacs qui font traverser voitures et poids
lourds entre le passage de deux lourds navires,
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| Un bac charge des camions |
Le canal
mesure 193 km de long, 210 m de large et 24 m de profondeur, le tirant d’eau
maximal est de 20 m. Le
transit se fait en convoi. Il en passe trois par jour, en alternant montée et descente. Les navires se croisent au niveau du grand Lac Amer.
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| Notre convoi Nord-Sud |
Chaque navire embarque au départ 1 ou 2 pilotes responsables de la ponctualité aux différents passages. Un électricien est aussi monté à bord. Chaque bateau doit être équipé d’un projecteur pour remédier à une faible visibilité en cas de tempête de sable. La traversée du canal dure environ 15 heures, nous avons grandement le temps d’apprécier.
Nous longeons des zones militaires qui ont gardé des traces, restes de la guerre : de vieilles carcasses de chars, de voitures, de bateaux et Michel rajoute qu’il y a aussi beaucoup de chaussures, car pour courir plus vite les égyptiens les retiraient et les abandonnaient sur place.
Nous longeons des zones militaires qui ont gardé des traces, restes de la guerre : de vieilles carcasses de chars, de voitures, de bateaux et Michel rajoute qu’il y a aussi beaucoup de chaussures, car pour courir plus vite les égyptiens les retiraient et les abandonnaient sur place.
Pour donner
une idée de ce qui se passe lors d’une journée en mer, nous pouvons flâner et
profiter des installations du bateau, piscine, jacuzzi, transat au soleil
… assister à des conférences :
aujourd’hui à 10 h 30 réunion au grand bar Saint Paul de Vence afin de
détailler l’itinéraire de la Jordanie jusqu’aux Maldives. Déjeuner au self, suivi d’un expresso italien que nous apprécions beaucoup, lire sur le balcon de
notre cabine, en attendant 15 heures où nous est proposée une conférence en
français, par Stefano Paba, conférencier attaché à la croisière, sur « le
canal de Suez, une histoire plurimillénaire ». Moment toujours
intéressant.
Merci à Monsieur Ferdinand de Lesseps.
Merci à Monsieur Ferdinand de Lesseps.
Vers 14 h 30
nous atteignons Suez et la sortie vers la Mer Rouge.
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| Dernière digue. Au loin la Mer Rouge et le convoi Sud-Nord en formation, prêt à entrer après notre sortie. |
Le prochain convoi,
Sud-Nord cette fois, est en formation sur l’horizon. Notre pilote saute dans
son bateau et va rejoindre un navire remontant.
Ce canal est un raccourci irremplaçable entre l’Océan Indien et la
Méditerranée. La seule alternative est de contourner l’Afrique par le Cap de Bonne
Espérance et le Détroit de Gibraltar.
Nous
poursuivons notre route vers le sud jusqu’à l’embranchement du Golfe d’Aqaba,
sur notre gauche. Nous l’emprunterons en direction du Nord-Est cette nuit.









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