dimanche 18 novembre 2018

Dimanche 18 novembre - Aqaba, Jordanie




Vers 8 h 20, nous accostons à Aqaba. Notre cabine est à bâbord, nous pouvons voir l’autre rive du golfe, et le Port d’Eilat, où nous serons demain. La frontière entre la Jordanie et Israël passe au milieu.
Le golfe d'Aqaba est bordé à l'ouest par l'Égypte, au nord-ouest par Israël, au nord-est par la Jordanie et à l'est par l'Arabie Saoudite.
Avant 9 heures, nous roulons en direction de Petra. 
Quand nous avons su que cette croisière permettait de voir ces lieux, nous avons décidé de la faire, et avons réservé cette excursion-ci dès le premier jour des réservations.

C’est dans la montagne, dans une vallée perdue, mais sur la route de la soie, que les nabatéens ont construit cette ville, après avoir quitté l’Arabie Saoudite, plus au sud.

Nous allons bientôt découvrir pourquoi ils ont choisi ce lieu. Pour atteindre la ville, il n’y a qu’un passage très étroit et facile à défendre. L’eau est abondante pour ceux qui sauront la capter et l’acheminer jusqu’à leurs maisons. Enfin, la configuration et la nature des roches est tout à fait propice à la création de leurs sépultures traditionnelles.
Après 70 km de car, nous entamons une longue marche dans un défilé féerique, qui n'est pas sans rappeler quelques détails de Brice Cañon ou du Cañon de Chelly aux Etats-Unis.
Marche d'approche
Le premier tombeau que nous rencontrons, dans notre progression de 3 km, est typique de ce que l’on retrouve plus au sud dans leur région d’origine, avec les mêmes motifs ornementaux. 
Tombeau nabatéen
 Mais rapidement, ils vont faire le choix de tailler leurs tombes directement dans la paroi rocheuse.
Dans l’étroit défilé (le Sîq) qui commence, on ne sait où donner du regard. 
Entrée du Sîq (défilé)

Le Sîq - noter les flancs des caniveaux latéraux
Tout le long du défilé, deux caniveaux surélevés, creusés dans la roche, constituent les aqueducs qui mènent l’eau potable de la montagne à la ville.
La nature nous offre des formes étonnantes, écrasantes et tortueuses. De loin en loin, des ouvertures dans la roche pourrait faire croire à des habitations troglodytes, mais il n’en est rien, ce sont bien des tombes.

Après 2,5 km de marche, dans l’encadrement de la vallée, plus étroite que jamais, une construction se dessine. 

Quelques pas de plus et elle rayonne dans sa splendeur. 

Ce n’est pas une construction, c’est une sculpture, directement dans la pierre. Incroyable de beauté et d’équilibre.
J’y suis enfin. Un lieu que je ne pensais pas voir un jour, quand je le découvrais dans les livres et les films documentaires. Je ne suis pas déçu.
On ne l’appelle pas le Trésor par hasard. Pourtant son nom lui vient d’une légende qui voudrait que le trésor des pharaons soit enfermé dans la grande urne funéraire qui domine l’édifice. 

Les bédouins ont donc tiré sur ce vase avec leurs fusils pour le casser, jusqu’à être obligés d’accepter l’idée qu’il n’était pas creux.

Ce Trésor ne conclut pas la visite. La vallée s’ouvre progressivement vers le Nord et ce sont des centaines de tombes, petites pour les familles les plus humbles et monumentales pour les plus riches, qui couvrent les flancs de la montagne. 

Un peu plus bas un grand théâtre antique est taillé dans la roche. 
Le temps nous manque pour continuer la visite jusqu’à la ville, dont les maisons sont construites avec les pierres arrachées à la montagne. Mais nous en avons plein les yeux.
Le trajet de retour se fait par le même tracé. Mais les points de vue sont différents. Une petite heure de marche, à l’ombre du fort soleil qui réchauffe sensiblement l’atmosphère. Quelle magnifique visite.

Sur le trajet de retour, le car s'arrête pour nous permettre de jeter un dernier regard sur la montagne qui contient tous ces chefs-d’œuvre, dans le soleil couchant.


Marie, qui souffre depuis quelques jours d’un lumbago, bien traité par le médecin du bord, n’a pas pu nous suivre. Ces photos sont aussi pour elle. Le beau soleil couchant qu’elle a immortalisé depuis le bateau, à la même heure, n’était qu’une piètre consolation quand je repense à la magie de ces constructions humaines.
Ce soir, la tenue suggérée est « en couleur ». C’est donc dans des tenues très colorées que nous rejoignons le restaurant. Nos tables voisines ont joué le jeu ! Mais je ne pense pas m'en souvenir aussi longtemps que du reste de la journée.

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