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| Pourquoi aller tout droit quand on peut faire un détour ? |
Dimanche
soir, 22 heures, le NeoRiviera lève l’ancre et part pour deux petites heures de
navigation. Ça parait un peu long pour une traversée de deux kilomètres, mais
si nous arrivons trop tôt, notre temps à quai risque de dépasser 24 heures, et
nous devrons payer une journée de plus. Les « anneaux » sont très
chers pour ces gros bateaux, plus chers que les quelques centaines de litres de fuel
lourd brûlés.
Nous nous
réveillons à quai vers 6 h. Le soleil se lève sur Aqaba où nous étions hier.
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| Lever de soleil sur Aqaba |
L’excursion va être longue et doit partir tôt. Au programme
du jour, la forteresse de Massada et la Mer Morte, au total 235 km.
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| Voyage vers Massada |
Eilat est un
grand port de commerce et bénéficie, comme Hambourg, par exemple, d’une franchise
douanière qui lui permet de stocker des marchandises hors-taxes. Les quais sont
pleins de véhicules en provenance d’extrême orient et à destination des pays
voisins. Cela évite de payer le transport par le canal de Suez, qui est très
cher.
Une fois
sortis de la ville, nous sommes dans le désert. Ici il pleut moins de 3 cm
d’eau par an. L’eau nécessaire aux cultures est délivrée au goutte-à-goutte,
invention de l'Université de Jérusalem des années 1970.
Après une
centaine de kilomètres, apparaissent, sur notre droite, des sortes de
marais-salants. Ici, on y recueille bien plus que du sel, c’est la partie sud
de la Mer Morte, très riche en minéraux. Ils sont exploités notamment pour les
produits de beauté et de soins corporels.
Peu de temps
après, apparaît, à l’ouest, un promontoire rocheux très escarpé. C’est lui qui
porte la forteresse de Massada, dont je vous invite à lire l’histoire, si vous
ne la connaissez pas.
Dans l’entrée
du téléphérique, une belle maquette nous permet d’apprécier la configuration du
site.
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| Maquette de la forteresse de Massada sur son plateau rocheux |
Nous avons hâte de l’atteindre. Le téléphérique nous y transporte en
quelques minutes.
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| Montée en téléphérique |
Ici, la
qualité de la restauration et de la protection du lieu, le charisme du guide,
qui nous fait vivre la forteresse, et le courage de ses défenseurs, sont
éblouissants.
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| Grand couloir des greniers |
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| Vestiges de la grande salle de bains chauds |
Nous n’avons pas la place ici de raconter l’histoire d’un siège
qui a duré trois ans, la victoire escomptée des romains, qui pénètrent enfin,
un matin, dans une forteresse dont tous les défenseurs se sont donnés la mort
dans la nuit, plutôt que de vivre en esclavage. Seule victoire romaine jamais
célébrée, tant les assaillants ont été marqués par le courage des défenseurs.
Le grand
photo-montage représente l’un des huit camps romains, rectangle en haut à
droite, plus de 80 m en contrebas de la forteresse, et l’immense remblai
construit par les romains pour atteindre le bas des murs et les faire
s’écrouler (au premier plan à gauche).
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| Vue des remparts en direction du nord - le remblai romain à gauche, monte vers nous. |
Le panorama
représente la vue qui s’ouvre sur les plaines et la Mer Morte depuis le haut.
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| Panorama vers l'est, sur la Mer Morte |
Je voulais
visiter ce lieu, construit par Hérode pour lui servir de refuge le jour où il
serait poursuivi par le peuple qui ne l’aimait pas beaucoup. Il ne lui a pas
servi. Hérode est mort dans son lit. Mais des années plus tard, c’est une
partie des révoltés juifs, opprimés par Rome, qui se retranche ici et tient
tête à toute une armée.
Je ne
regrette pas cette visite.
Le temps de
descendre de 500 m et de 2000 ans, nous déjeunons au bord de la Mer Morte et
allons expérimenter les effets de la poussée d’Archimède quand un liquide est
plus dense que l’eau pure.
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| Une partie de la Mer Morte est découpée comme des marais salants pour extraire ses minéraux |
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| Installation des bains de Mer |
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| Sans commentaires |
Un bon
moment, et quelques fous-rires, quand on s’aperçoit que nos pieds refusent de
prendre contact avec le fond, repoussés qu’ils sont vers le haut, comme des
bouées, par l’eau trop salée. Pas facile de sortir de l’eau élégamment. La déontologie
des photographes ne leur permet pas de vous en faire profiter !
Retour vers
Eilat. Nous prenons la mer pour faire 2000 km. Il va se passer quatre journées
sans toucher terre. Rendez-vous à Salalah, Sultanat d’Oman.














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