lundi 19 novembre 2018

Lundi 19 novembre - Eilat, Israël

Pourquoi aller tout droit quand on peut faire un détour ?



Dimanche soir, 22 heures, le NeoRiviera lève l’ancre et part pour deux petites heures de navigation. Ça parait un peu long pour une traversée de deux kilomètres, mais si nous arrivons trop tôt, notre temps à quai risque de dépasser 24 heures, et nous devrons payer une journée de plus. Les « anneaux » sont très chers pour ces gros bateaux, plus chers que les quelques centaines de litres de fuel lourd brûlés.
Nous nous réveillons à quai vers 6 h. Le soleil se lève sur Aqaba où nous étions hier.
Lever de soleil sur Aqaba
L’excursion va être longue et doit partir tôt. Au programme du jour, la forteresse de Massada et la Mer Morte, au total 235 km.
Voyage vers Massada
Eilat est un grand port de commerce et bénéficie, comme Hambourg, par exemple, d’une franchise douanière qui lui permet de stocker des marchandises hors-taxes. Les quais sont pleins de véhicules en provenance d’extrême orient et à destination des pays voisins. Cela évite de payer le transport par le canal de Suez, qui est très cher.

Une fois sortis de la ville, nous sommes dans le désert. Ici il pleut moins de 3 cm d’eau par an. L’eau nécessaire aux cultures est délivrée au goutte-à-goutte, invention de l'Université de Jérusalem des années 1970.
Après une centaine de kilomètres, apparaissent, sur notre droite, des sortes de marais-salants. Ici, on y recueille bien plus que du sel, c’est la partie sud de la Mer Morte, très riche en minéraux. Ils sont exploités notamment pour les produits de beauté et de soins corporels.
Peu de temps après, apparaît, à l’ouest, un promontoire rocheux très escarpé. C’est lui qui porte la forteresse de Massada, dont je vous invite à lire l’histoire, si vous ne la connaissez pas.
Dans l’entrée du téléphérique, une belle maquette nous permet d’apprécier la configuration du site.

Maquette de la forteresse de Massada sur son plateau rocheux
Nous avons hâte de l’atteindre. Le téléphérique nous y transporte en quelques minutes.
Montée en téléphérique
Ici, la qualité de la restauration et de la protection du lieu, le charisme du guide, qui nous fait vivre la forteresse, et le courage de ses défenseurs, sont éblouissants. 
Grand couloir des greniers
Vestiges de la grande salle de bains chauds
Nous n’avons pas la place ici de raconter l’histoire d’un siège qui a duré trois ans, la victoire escomptée des romains, qui pénètrent enfin, un matin, dans une forteresse dont tous les défenseurs se sont donnés la mort dans la nuit, plutôt que de vivre en esclavage. Seule victoire romaine jamais célébrée, tant les assaillants ont été marqués par le courage des défenseurs.
Le grand photo-montage représente l’un des huit camps romains, rectangle en haut à droite, plus de 80 m en contrebas de la forteresse, et l’immense remblai construit par les romains pour atteindre le bas des murs et les faire s’écrouler (au premier plan à gauche).
Vue des remparts en direction du nord - le remblai romain à gauche, monte vers nous.

Le panorama représente la vue qui s’ouvre sur les plaines et la Mer Morte depuis le haut.
Panorama vers l'est, sur la Mer Morte
Je voulais visiter ce lieu, construit par Hérode pour lui servir de refuge le jour où il serait poursuivi par le peuple qui ne l’aimait pas beaucoup. Il ne lui a pas servi. Hérode est mort dans son lit. Mais des années plus tard, c’est une partie des révoltés juifs, opprimés par Rome, qui se retranche ici et tient tête à toute une armée.
Je ne regrette pas cette visite.

Le temps de descendre de 500 m et de 2000 ans, nous déjeunons au bord de la Mer Morte et allons expérimenter les effets de la poussée d’Archimède quand un liquide est plus dense que l’eau pure.
Une partie de la Mer Morte est découpée comme des marais salants pour extraire ses minéraux

Installation des bains de Mer



Sans commentaires
Un bon moment, et quelques fous-rires, quand on s’aperçoit que nos pieds refusent de prendre contact avec le fond, repoussés qu’ils sont vers le haut, comme des bouées, par l’eau trop salée. Pas facile de sortir de l’eau élégamment. La déontologie des photographes ne leur permet pas de vous en faire profiter !
Retour vers Eilat. Nous prenons la mer pour faire 2000 km. Il va se passer quatre journées sans toucher terre. Rendez-vous à Salalah, Sultanat d’Oman.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire